Le delirium postopératoire est une complication classique chez les personnes âgées. Il a été récemment associé à un déclin cognitif et fonctionnel. Les traitements préventifs restent hypothétiques étant donné qu’on sait très peu de choses de la biologie de ce delirium.
Quelques chiffres. Chez les personnes âgées subissant une intervention majeure, l’incidence du delirium irait de 5 à 15 % chez ceux qui ont une anesthésie générale à 62 % chez ceux qui ont une fracture de hanche et même à 73 % en cas de chirurgie cardiaque.
Dans les actes nécessitant une admission en unité de soins intensifs en postopératoire, l’incidence est de 44 %. Enfin, en cas de chirurgie orthopédique élective, elle est de 22 % dans la prothèse de hanche et de 32 % dans la prothèse de genou.
Étant donné son incidence élevée et les séquelles postopératoires qu’il engendre chez les sujets âgés, il est essentiel de mieux comprendre les facteurs de risque du delirium et sa physiopathologie.
Les études ont permis d’identifier plusieurs facteurs de risque de delirium postopératoire : troubles cognitifs subtils, démence, faible score au MMSE (Mini Mental State Exam), syndrome dépressif, usage de psychotropes en préopératoire, abus d’alcool, troubles fonctionnels, désaturation en oxygène en peropératoire.
C’est dans ce contexte que des Américains ont mis en place une étude destinée à explorer les marqueurs moléculaires du delirium postopératoire dans une cohorte de patients âgés subissant une prothèse totale de genou. Certes, les études moléculaires sont toujours en cours mais les auteurs ont profité de ce travail pour voir si les problèmes médicaux préopératoires identifiés chez ces patients peuvent contribuer au delirium. C’est ainsi que les chercheurs ont découvert une association entre apnée obstructive du sommeil préexistante et delirium postopératoire.
Plus précisément, sur les 106 patients enrôlés dans l’étude, 27 (25 %) ont développé un delirium postopératoire. Parmi ces 106 patients, 15 présentaient un syndrome d’apnées obstructives du sommeil en préopératoire. Parmi ces 15 patients-là, 8 (53 %) ont fait un delirium postopératoire ; c’est beaucoup comparativement à seulement 19 (20 %) des patients sans apnée du sommeil. Dans des analyses multivariées, l’apnée obstructive du sommeil était le seul élément prédictif de delirium statistiquement significatif.
Cette étude doit être confirmée d’autant qu’elle a des limites : elle porte sur un petit nombre de patients ; il existe des facteurs confondants : les patients ayant une apnée du sommeil ont davantage de comorbidités que les autres (diabète, HTA, dyslipidémie, maladie coronarienne, obésité).
Benjamin Flink, « Anesthesiology » 2012;116:788-96.
CCAM technique : des trous dans la raquette des revalorisations
Dr Patrick Gasser (Avenir Spé) : « Mon but n’est pas de m’opposer à mes collègues médecins généralistes »
Congrès de la SNFMI 2024 : la médecine interne à la loupe
La nouvelle convention médicale publiée au Journal officiel, le G à 30 euros le 22 décembre 2024