Chimiothérapie, immunothérapie, hormonothérapie… Les traitements du cancer peuvent induire des troubles cognitifs. Environ 50 % des patients s'en plaignent. Par ailleurs, une personne sur trois perd ou quitte son emploi dans les deux ans après un diagnostic de cancer. Souvent vécus comme honteux, ces troubles peuvent se manifester par des problèmes de concentration, des pertes de mémoire, des dysphasies ou une certaine fatigabilité.
Un brouillard cognitif
Aujourd'hui, peu de patients osent parler de leurs troubles cognitifs avec leur oncologue ou médecin traitant. Par ailleurs, les professionnels de santé ont trop souvent tendance à les confondre avec un syndrome anxiodépressif. « Le brouillard cognitif », ou « chemobrain », vécu par les patients après les traitements contre le cancer est cliniquement et scientifiquement identifié. Il ne faut surtout pas stigmatiser ces traitements oncologiques : ils sont nécessaires. Mais il convient de prendre en charge les éventuels troubles cognitifs associés. Dans ce cadre, nous avons d'abord accompagné les femmes suivies pour un cancer du sein en leur proposant des ateliers de remédiation cognitive. Face à leur succès, nous avons créé l'association onCOGITE en avril 2019 pour aider tous les patients traités pour un cancer à améliorer leurs capacités cognitives », affirme Véronique Gérat-Muller, docteur en psychologie, présidente et cofondatrice d'onCOGITE.
Améliorer la plasticité neuronale
L'expérience a débuté au sein de l'Institut Bergonié (Bordeaux) et à la Ligue contre le cancer en présentiel, via des ateliers hebdomadaires (1 heure 30) de rééducation cognitive : exercices axés sur la mémoire, l'attention, la logique, les capacités visiospatiales… « Ces ateliers sont destinés à améliorer la plasticité neuronale des patients. Ce n’est pas la performance par rapport aux autres qui est mesurée mais la progression personnelle. L'idée étant d'améliorer leur qualité de vie et d'aider ceux qui le souhaitent à se remettre plus facilement dans la vie active », note la Dr Gérat-Muller. Au départ, les ateliers étaient proposés en présentiel pour favoriser les échanges entre les patients. Mais avec l'arrivée de la pandémie de Covid-19 et du premier confinement, les ateliers ont été proposés en distanciel via la plateforme internet www.oncogite.com. « Cela a permis à un maximum de patients, sur tout le territoire français, de suivre nos ateliers. Nous travaillons avec 15 neuropsychologues, toutes formées à la méthode d'onGOGITE. Si les exercices sont réalisés ensemble, nos neuropsychologues adaptent les consignes et contraintes aux aptitudes de chaque patient. Cela permet d'avoir des groupes très dynamiques », indique Véronique Gérat-Muller. Tous les patients partagent un objectif commun : récupérer leurs fonctions cognitives.
Un moment d’échange
Les ateliers de remédiation cognitive ne sont pas des groupes de parole. « Mais, lorsqu'ils sont proposés en présentiel, ils permettent aux patients de se rencontrer et d'échanger sur des problématiques communes. Nous prévoyons prochainement de créer un parcours mixant présentiel et distanciel », ajoute la Dr Gérat-Muller. Nominé au prix Galien 2021, onCOGITE propose également une web application permettant aux patients qui le souhaitent d'intensifier le travail effectué en atelier via des exercices spécifiques.
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