Le ministre français des Affaires Étrangères, Jean-Yves Le Drian, a annoncé la création d'un Conseil international d’experts de haut niveau, chargé de rassembler toutes les informations scientifiques disponibles sur les interactions entre santé humaine, santé animale et désordres environnementaux, en ouverture du 3e Forum de l'Alliance du multilatéralisme.
Le Conseil d'experts « donnera une visibilité accrue à cette information scientifique auprès des responsables publics qui ont besoin de ces données pour prendre les bonnes décisions au bon moment, mais également auprès du grand public, dont le degré d’information conditionne le succès des politiques sanitaires », a affirmé le ministre.
Ce Conseil d'experts, dit « Pour une seule santé », bénéficie du soutien de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), de l'Organisation mondiale de la Santé animale (OIE), de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE). « La crise du Covid-19 a confirmé qu'un multilatéralisme efficace est un multilatéralisme rapide », poursuit Jean-Yves Le Drian qui invite à « renforcer l'architecture multilatérale de santé » ainsi que « la mise en œuvre du règlement sanitaire international ». Ce Conseil bénéficiera, de la part de la France d'une première contribution financière à hauteur de 3 millions d'euros.
Le concept de « Haut Conseil Une Seule Santé » sur le modèle du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC) était contenu dans une proposition de résolution portée par Loïc Dombreval, député LREM de la 2e circonscription des Alpes-Maritimes. Ce dernier s'est félicité dans un communiqué que « le gouvernement ait accepté que la France endosse le rôle de chef de file pour l’avènement du concept d’une seule santé [...] L’officialisation de ce conseil d’experts acte aujourd’hui la nécessité absolue d’une réponse multilatérale, et d’un portage politique collectif au niveau international, comme seule arme efficace pour lutter contre les pandémies zoonotiques, du type du Covid-19. »
500 millions de dollars pour assurer la disponibilité des vaccins
Au cours du même forum, une somme de plus de 500 millions de dollars a été promise pour un dispositif visant à assurer à tous les pays un accès équitable aux tests, traitements et vaccins contre le Covid-19. Cet argent doit financer « l'accélérateur ACT », lancé fin avril par l'OMS, ou pour le dispositif international Covax d'achat et de répartition des vaccins qui en fait partie.
Dans le détail, la France devrait annoncer 100 millions d'euros, l'Espagne 50 millions d'euros et la Commission européenne 100 millions. La Grande-Bretagne devrait s'engager sur le versement d'une livre pour quatre dollars de financement annoncés par d'autres.
La fondation Bill et Melinda Gates a indiqué qu'elle annoncera également de nouveaux engagements d'un montant total de 70 millions de dollars, 50 millions pour le Covax et 20 millions pour la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI).
L’accélérateur ACT a pour objectif de fournir deux milliards de doses de vaccin « équitablement distribuées » à fin 2021, 500 millions de tests pour les pays à revenus faibles ou intermédiaires et 245 millions de traitements.