Les nourrissons avec une myéloméningocèle, cette forme sévère de spina bifida, ont plus de troubles respiratoires lors du sommeil, d’après une étude américaine. La sévérité est plus importante chez les enfants opérés in utero que ceux opérés après la naissance, car les naissances prématurées associées à plus de problèmes respiratoires y sont plus fréquentes.
Les chercheurs de cette étude, publiée dans la revue Pediatrics, ont étudié la présence des troubles du sommeil dès la naissance afin de les traiter précocement pour améliorer le pronostic cognitif de ces enfants, à risque élevé de difficultés dans ce domaine.
« Les troubles respiratoires lors du sommeil contribuent de manière significative aux problèmes comportementaux et sont également susceptibles d'entraîner des déficits cognitifs, mais ils n'ont pas fait l'objet d'études approfondies ni de dépistage systématique chez les nouveau-nés, explique le Dr Ronald Chervin, médecin du sommeil, neurologue et coauteur de l’étude. Cette étude comble une lacune importante dans notre compréhension de la prévalence et de l'apparition de ces troubles du sommeil et de la respiration et soulève la possibilité d'interventions à fort impact qui pourraient améliorer le pronostic à long terme pour ces enfants. »
Une apnée du sommeil plus sévère en cas de prématurité
L’étude inclut 173 nourrissons, nés à plus de 30 semaines d’aménorrhée, dont 90 ont eu une chirurgie fœtale (56 chirurgies fœtales ouvertes et 34 fœtoscopies) et 83 une réparation postnatale de la myéloméningocèle. Ils ont reçu à l’hôpital, à au moins 35 semaines d’âge post-menstruel (semaines d’aménorrhée et semaines post-partum) une polysomnographie de 10 heures. Les chercheurs ont observé leurs schémas respiratoires, leur activité cérébrale et musculaire ainsi que leur rythme cardiaque.
Plus de la moitié de ces enfants avaient au moins un trouble respiratoire du sommeil (53 %) pour un index d’apnées-hypopnées (AHI) médian de 22,5. Celui-ci était plus élevé chez les 90 nouveau-nés ayant reçu une chirurgie fœtale (AHI médian de 29 contre 19 pour la chirurgie postnatale). Néanmoins, d’après les chercheurs, ce n’est pas la chirurgie fœtale en elle-même qui joue sur l’AHI mais son association à un risque plus élevé de prématurité.
Un suivi prolongé
Une oxygénothérapie, traitement le plus courant des troubles respiratoires du sommeil néonataux, a été prescrite à la sortie de l'hôpital pour 44 % des nourrissons ayant subi une réparation fœtale et 39 % de ceux ayant eu une réparation postnatale.
« Nous savons que chez les enfants en bonne santé, les troubles respiratoires du sommeil entraînent des différences mesurables en termes d'attention, de comportement et de qualité de vie, a déclaré la Pr Renée Shellhaas, neurologue à l’Université de Washington et première autrice de l’étude. Pour les enfants qui présentent un risque élevé de troubles du sommeil et qui sont également exposés à un risque élevé de troubles du développement, cette étude identifie une intervention relativement accessible et potentiellement efficace qui pourrait améliorer de manière significative les résultats à long terme. »
Pour le savoir, l’équipe de recherche va suivre le développement cognitif et physique des enfants inclus dans l’étude jusqu’à l’âge de deux ans. Cela leur donnera des données sur l’effet à long terme du diagnostic et du traitement précoces des troubles respiratoires du sommeil.
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