Dépressions résistantes

Savoir changer de braquet

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Publié le 15/01/2016
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Crédit photo : GARO/PHANIE

Les dépressions résistantes à une 1re ligne de traitement et les moyens d’y faire face ont constitué un thème phare du congrès abordé par le Pr Emmanuel Haffen (CHU de Besançon). La question est d’autant plus importante que ces dépressions ont, dans 40 % des cas, une évolution péjorative (aggravation de la qualité de vie à 12 et 24 mois).

 

Éliminer une cause organique

 

Il convient, dans ce cas, d’éliminer une cause organique pouvant expliquer les symptômes dépressifs : endocrinologique (hyper/hypothyroïdie, maladie d’Addison, maladie de Cushing, hyperparathyroïdie, hypopituitarisme, diabète) ; neurologique (démence, maladie de Parkinson, maladie de Huntington, SEP, épilepsie) ; cardiovasculaire (infarctus, AVC) ; métabolique (hypoglycémie, hypercalcémie, porphyrie) ; inflammatoires (LED, affections rhumatismales) ; infections (syphilis, maladie de Lyme, encéphalopathie VIH, hépatite, MNI) ; apnées du sommeil, anémie, hypovitaminose B12, carence en acide folique, tumeurs (cerveau, rein, pancréas). On recherchera ensuite une cause médicamenteuse responsable d’un tableau dépressif : antihypertenseurs (bêta-bloquants, réserpine, méthyldopa, anticalciques), anti-histaminiques H2 (ranitidine, cimétidine), sédatifs, anticancéreux, œstrogènes, progestérones, antipaludéens (méfloquine), isotrétinoïne.

Il faut éliminer aussi les causes d’une résistance à l’antidépresseur (AD) : la rifampicine, par exemple, diminue l’efficacité du citalopram). Et, ensuite, évaluer le traitement proposé et son observance (le défaut d’observance touche un quart des patients hospitalisés et la moitié des patients en ambulatoire). D’après les recommandations de l’European Psychiatry Association, en cas de réponse insuffisante après deux semaines d’antidépresseur, les options sont le changement de l’AD pour un AD d’une autre classe, l’association de deux AD de classes différentes, la potentialisation de l’AD (notamment par le lithium), l’association d’une psychothérapie ou d’un autre traitement non médicamenteux (privation de sommeil, photothérapie, ECT…) à l’AD.


Source : lequotidiendumedecin.fr