QUI SONT LES FRANÇAIS, de plus en plus nombreux depuis le début de la décennie, qui renoncent pour raisons financières aux soins, en particulier dentaires (pour 10,7 % de la population), et optiques (4 %) ?
Démographiquement, le profil est simple à dresser répondent les chercheurs de la commission des comptes de la santé. Ce sont des femmes, qui probablement portent plus d’attention au corps et s’estiment traditionnellement en moins bonne santé que les hommes, entre 18 et 50 ans. Passé ce cap, le taux de renoncement suit une pente descendante.
En revanche, les facteurs socio-économiques sont beaucoup plus délicats à déterminer. Les explications attendues, pouvoir d’achat et couverture par une complémentaire, sont au rendez-vous. « Les 20 % et beaucoup plus encore les 5 % les plus aisés se démarquent du reste de la population par leur taux de renoncement plus faible », note la commission des comptes, soulignant que pour les soins dentaires, on peut même parler de médecine à deux vitesses. La situation pendant l’enfance et la transmission du patrimoine participent également d’un taux de renoncement faible. Et très logiquement, plus la précarité, mutlifactorielle, est grande, plus l’accès aux soins est faible.
Mais le rapport insiste également sur deux autres facteurs aux rôles contraires, plus méconnus, à commencer par la couverture complémentaire. « La Couverture mutuelle universelle complémentaire (CMU-C) apporte la même protection contre le renoncement aux soins qu’une très bonne assurance complémentaire », peut-on lire. Néanmoins, son efficacité est contrariée par les prix pratiqués par les professionnels de santé, qui varient (jusqu’à 90 euros pour certains soins dentaires) selon les zones géographiques et les praticiens. Ni l’universalisation de l’assurance santé, ni l’attribution d’une complémentaire aux plus pauvres ne sont suffisantes pour aplanir les inégalités d’accès aux soins, concluent les auteurs.
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