DE NOTRE CORRESPONDANTE
APRÈS AVOIR donné un gros coup de machette dans le budget de la Santé, le gouvernement Berlusconi compte économiser dans le secteur un milliard et demi d’euros d’ici à la fin de l’année. Cette opération va d’abord se traduire par une réduction du nombre de lits dans les hôpitaux et des diminutions de fournitures de médicaments. Suivront la fermeture de quelques services d’urgences et des coupes draconiennes au niveau du personnel spécialisé dans l’aide aux personnes âgées et aux handicapés. Enfin, une diminution importante du personnel médical et paramédical est programmée, moyennant le blocage des turnovers après les départs en retraite. Sans oublier la petite cerise sur le gâteau pour les Italiens : l’augmentation du ticket modérateur dans toutes les régions. À ce propos d’ailleurs, le gouvernement Berlusconi et l’agence italienne du médicament (AIFA) envisagent d’introduire un ticket modérateur sur les médicaments génériques.
Dans les détails, plus de 15 % du personnel médical et paramédical partira en retraite d’ici à 2015 sans être remplacé. Avec des conséquences importantes – d’aucuns disent « dramatiques » – notamment pour les régions rurales qui seront les plus touchées. En ce qui concerne l’hospitalisation, 12 000 places ont déjà été éliminées durant les trois dernières années. Un chiffre qui sera revu à la hausse, à en croire une étude publiée par la confédération syndicale CGIL (7 millions d’inscrits) qui annonce la suppression de 11 000 autres lits d’ici à la fin de l’année.
Au chapitre du ticket modérateur, la Campanie et les Pouilles, deux régions situées au sud de la botte, ont déjà établi un barème de cotisation fixe sur chaque ordonnance. En Campanie par exemple, les assurés devront verser 2 euros contre 1 euro dans les Pouilles. Dans les centres de triage hospitaliers, les patients classés « code blanc » devront payer 50 euros en Campanie. Soit le double montant réclamé dans la plupart des autres régions italiennes. Enfin, le prix des visites en ambulatoires a été revu à la hausse, avec une augmentation de 10 euros.
Scandales.
Tout cela n’est pas très bon pour la santé italienne et la presse transalpine soulève régulièrement le couvercle sur des scandales. Dans la cité éternelle d’ailleurs, la situation frise déjà le chaos. Elle peut se résumer en quelques mots : moins de départements spécialisés, de technologies, de personnels et de lits dans les hôpitaux. Autre point noir : le nombre d’ambulances insuffisant en raison du coût moyen d’un véhicule tournant à plein régime – 600 000 euros par an contre 202 000 dans le Piémont. En parallèle, huit services d’urgences ont déjà été fermés dans toute la région et 2 500 opérateurs de secteurs mis à pied. Du coup, Rome risque d’être littéralement prise d’assaut par les malades en provenance des zones urbaines dépourvues de structures adéquates.
En Vénétie, une région auparavant considérée comme particulièrement vertueuse, les médecins sonnent le tocsin. Le gouverneur de la région, Luca Zaia, a en effet annoncé la fermeture des « petits hôpitaux » et décidé une augmentation des impôts régionaux pour compenser les coupes imposées par le ministre du Trésor. Afin de limiter l’impact des coupes budgétaires, la Région a mis sur pied des projets financiers, à savoir des sortes de prêts à échéances accordés par des acteurs privés prêts à s’occuper ensuite de la gestion des locaux. Selon le contrat type, les investisseurs devraient avancer la totalité de la somme requise pour la construction d’un édifice public.
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