Petite nation mais très grande ambition. À l'occasion de la Med in Ireland, grand-messe des technologies médicales (les medtechs) qui s'est tenue mi-octobre à Dublin, l'île d'Émeraude a présenté son tissu économique et technologique en santé.
Robots, implants, dispositifs connectés destinés à diagnostiquer, soigner et améliorer la vie des patients et des médecins… Le pays compte 350 sociétés de medtech. Il est le 2e exportateur de dispositifs médicaux en Europe avec 12,6 milliards d'euros d'export à travers 100 pays.
Depuis une vingtaine d'années, l'Irlande propose une politique incitative ayant séduit les multinationales étrangères (notamment américaines) mais aussi les entrepreneurs irlandais, très prospères. Selon l'indice Doing Business 2019 réalisé par la Banque mondiale, l'Irlande se hisse à la 10e place (sur 190) des pays les plus avantageux pour créer son entreprise, largement devant la France (30e) et l'Allemagne (104e).
C'est à Galway, dans le somptueux Connemara à 200 km à l'ouest de Dublin, que se concentre cette nouvelle Silicon Valley version santé. On retrouve dans la ville portuaire entrepreneurs, professionnels de santé, hôpitaux, chercheurs et ingénieurs. Le secteur y emploie 8 000 personnes.
Force de frappe
La French tech n'est pas insensible à cette force de frappe. Une douzaine de sociétés et start-up hexagonales ont profité de la convention d'affaires Med in Ireland pour venir faire leur marché en nouveaux fournisseurs, composants rares et/ou complexes ou simplement pour suivre l'avancement de projets déjà lancés avec des partenaires irlandais.
Basée à Rouen, Robocath produit R-One, un robot qui permet aux équipes chirurgicales d’assurer la manipulation à distance de cathéters lors d’interventions réalisées sous rayons X, comme pour la pose d'un stent. La société qui vient d'obtenir le marquage CE passe en phase de commercialisation. Elle vient identifier à Dublin des potentiels partenaires industriels. « Nous allons augmenter la cadence de production. Notre produit est complexe : il se compose de pièces à stériliser, en plastiques ou métalliques. Leur assemblage doit être réalisé en salle blanche [où la concentration des particules en suspension dans l'air est maîtrisée à des fins scientifiques ou industrielles, NDLR] et peu d'entreprises françaises le font », confie Frédéric Cabourg, responsable industriel.
Même constat chez SentinHealth, start-up qui développe un implant gastrique visant à télésurveiller des patients insuffisants cardiaques pour prévenir une décompensation. Encore au stade de prototype, l'équipe cherche des compétences particulières. « On a du mal à fabriquer la version pré-finale de cet implant chez nous. Les entreprises n'y arrivent pas et nous avons besoin de composants rares, difficiles à trouver », explique Benoît Vettier, consultant indépendant de la société.
Cet échange de bons procédés fonctionne dans les deux sens. Pour grandir, les entreprises irlandaises sont obligées de s'exporter. Et la France a une place de choix. Les dispositifs médicaux y représentent un volume de vente de 12,7 milliards d'euros avec un potentiel de croissance estimé à 4,7 % par an, selon le BMI Research, cabinet d'étude spécialisé dans les analyses macroéconomiques et sectorielles de marché. L'agence gouvernementale Enterprise Ireland veille donc à la bonne implantation des pépites nationales sur le sol français. Une cinquantaine d'entre elles a déjà sauté le pas. C'est le cas d'Aerogen, société spécialisée dans l’administration de médicaments par aérosol pour les patients atteints de troubles respiratoires, à Bordeaux depuis cinq ans. « La nébulisation en France n'avait pas bougé depuis 50 ans, les technologies existantes ne sont pas en pointe et sont bruyantes », explique Yannick Lecomte, directeur régional des ventes Europe. Qui conclut : « Avec 65 millions d'habitants, la France représente un gros business. Non seulement c'est un marché volumineux mais il s'inscrit aussi dans un système de santé performant, ce qui importe pour nous ».
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