ORGANISÉ dans le cadre des rencontres pilotées à travers toute la France par le magazine « Décision Santé » en partenariat avec Novartis, un colloque sur l’avenir des systèmes de santé et les coopérations entre les différentes structures de soins a réuni près de 120 participants lors de son étape strasbourgeoise.
« Grand témoin » de cette journée, l’économiste Jean de Kervasdoué a rappelé que même si les objectifs de dépenses de santé ont été tenus en France cette année, les vraies difficultés commenceront en 2013, lorsque l’assurance-maladie accusera un déficit de 40 milliards d’euros. Cette situation renforcera les appétits des spéculateurs sur la dette française, et rendra inévitables des mesures « à côté desquelles la politique actuelle est très douce ». Selon lui, la classe politique a toujours caché aux Français les problèmes du financement des dépenses de santé, mais le réveil sera douloureux, y compris pour les professionnels de santé. Face à ces analyses, les médecins savent certes que « les réponses seront saignantes », comme le souligne le Pr Jean-Michel Clavert, président de la CME des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, mais il est impératif pour lui que les choix soient faits par les politiques, et non par les médecins – en tout état de cause, « on ne peut pas continuer à endetter nos enfants pour soigner de façon infinie », met-il en garde. Le Dr Francis Fellinger, à la tête de la conférence des présidents de CME de centres hospitaliers, estime néanmoins que le système de santé « garde encore des marges », mais qu’il ne sera pas forcément simple de déterminer celles qui devront être rognées.
En attendant, tous les intervenants se sont élevés contre les incohérences d’un système de santé qui « continue à privilégier systématiquement les formules les plus chères ». Le glissement de la proportion de spécialistes et de généralistes, qui passe insidieusement de « 50/50 à 30/70 au profit des spécialistes », risque d’accroître encore les dépenses, la « mort des généralistes » se traduisant aussi, pour une même consultation, par des coups cinq fois plus élevés dans un service d’urgence que dans un cabinet libéral.
« Mais pendant qu’on nous parle de réduction des dépenses, on ne fait rien pour réguler vraiment et on nous convoque des journées entières à des réunions technocratiques qui ne débouchent sur rien, sans jamais réfléchir sur les objectifs et les priorités », déplore pour sa part le Dr Alexandre Feltz, généraliste et adjoint au maire de Strasbourg. Si quelques expériences réussies de filières, à l’hôpital comme en libéral, donnent un peu de couleur à un tableau très sombre, les participants à cette journée n’en sont pas moins ressortis avec la certitude que le plus difficile reste à faire… et qu’il serait surtout temps de le dire enfin ouvertement aux Français.
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