« Nous ne sommes pas des naïfs », sourit Paulette Guinchard, présidente du conseil de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA), en présentant le chapitre prospectif du rapport d'activité 2015, adopté à l'unanimité ce 12 avril.
Des tensions sur le territoire, des difficultés financières des départements, il n'en est pas question dans ce rapport résolument optimiste. Trois idées fortes sont mises en avant, détaille Paulette Guinchard : les politiques de l'autonomie doivent être ancrées dans les territoires, tenir compte des disparités, et être décloisonnées pour faciliter la continuité des parcours. « Il faut affirmer l'ambition d'une politique inclusive. Toutes les politiques locales doivent prendre en compte le handicap et le vieillissement, les réponses médico-sociales doivent être ouvertes vers l'extérieur », explique la présidente du conseil.
Mieux connaître les territoires pour réduire les disparités
Concrètement, le conseil suggère à la CNSA d'aider à mieux connaître les territoires pour réduire les disparités. Comment ? En produisant des études et recherches sur les sujets relatifs à la perte d'autonomie et au handicap, en soutenant les maisons départementales de personnes handicapées (MDPH) (appui à l'informatisation du suivi de leurs orientations), ou encore en se penchant sur les flux entre établissements médico-sociaux.
La CNSA a un rôle à jouer dans la réduction des inégalités : le Conseil recommande de porter une attention plus soutenue aux territoires ultramarins et aux zones qui se retrouvent éloignées des métropoles et des agences régionales de santé, à la suite de la loi NOTRe (nouvelle organisation territoriale de la république).
Les comités pour la citoyenneté et l'autonomie, aiguillon du décloisonnement
Pour assurer le décloisonnement des politiques de l'autonomie, le conseil de la CNSA veut miser sur les futurs comités pour la citoyenneté et l'autonomie (CDCA) créés dans la loi d'adaptation de la société au vieillissement. « Les mondes du handicap et du vieillissement apprennent à se connaître au sein de la CNSA. Il s'agit avec les CDCA de retrouver cette expérience commune au niveau des départements, indique Sylvain Denis, vice-président du conseil de la CNSA. Ce nouvel animal doit être l'aiguillon de politiques qui dépassent le médico-social dans les territoires. »
Le conseil de la CNSA cite, comme autres leviers du décloisonnement, les contrats pluriannuels d'objectifs et de moyens, les plateformes territoriales d'appui, les groupements hospitaliers de territoires, ou encore le numérique.
Enfin, en faveur d'une société véritablement inclusive, « qui s'adapte pour que chacun trouve sa place, et non l'inverse », selon les mots de Jean-Louis Garcia, vice-président, le conseil insiste pour faire de la perte d'autonomie un sujet au sein des instances de démocratie de proximité, et ouvrir le médico-social sur la cité. « Il faut embarquer toute la société dans cette démarche, pousser ceux qui freinent, bousculer les choses, prouver qu'on est prêt à faire la révolution de la société inclusive », déclare Jean-Louis Garcia. « Ce n'est pas une tocade d'idéaliste. »
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