Le Covid-19 est-il susceptible de se transmettre par voie aérienne, et non seulement par projection de grosses gouttelettes ou par contact ?
« Nous reconnaissons que des preuves émergent dans ce domaine et par conséquent nous devons être ouverts à cette possibilité, et comprendre ses implications », a déclaré Benedetta Allegranzi, une responsable de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). « La possibilité d'une transmission par voie aérienne dans les lieux publics, particulièrement bondés, ne peut pas être exclue. Les preuves doivent toutefois être rassemblées et interprétées », a-t-elle poursuivi, après qu'un groupe de 239 scientifiques, dont des chercheurs Inserm, a interpellé la communauté internationale à ce propos.
Dans une lettre publiée ce 6 juillet dans « Clinical Infectious Diseases », les scientifiques considèrent en effet qu'il existe un potentiel important d’exposition aux virus par inhalation dans des gouttelettes respiratoires microscopiques, et ceci à des distances courtes et moyennes. Or « la plupart des organisations de santé publique, dont l'OMS, ne reconnaissent pas la voie aérienne de transmission, sauf dans certaines situations de soins produisant des aérosols », par exemple une intubation, regrettent les auteurs.
Principe de précaution
Pourtant, des études menées par les signataires de cet article et d’autres scientifiques démontrent que les virus SARS-CoV-1, MERS-CoV, de la grippe et le virus respiratoire syncytial, sont libérés lors de l’expiration, de la parole et de la toux en microgouttelettes suffisamment petites pour rester en l’air et présenter un risque d’exposition à des distances supérieures à 1 ou 2 m d’une personne infectée.
« Il y a donc toutes les chances pour que le SARS-CoV-2 se comporte de la même façon, et que la transmission aérienne par microgouttelettes soit une importante voie de transmission », lit-on.
Invitant à appliquer le principe de précaution, les scientifiques plaident pour le renforcement des mesures de prévention. « Le lavage des mains et la distanciation sociale sont appropriés, mais ne sont pas suffisants pour protéger contre les microgouttelettes déposées dans l'air par des personnes infectées, un problème d'autant plus aigu à l'intérieur et des environnements clos et bondés », insistent-ils.
Ventiler, se masquer et fuir les foules
Ils recommandent de s'assurer d'une ventilation efficace et suffisante (notamment dans les établissements publics, les écoles, les hôpitaux, les EHPAD, etc.), d'en renforcer les contrôles et d'éviter les foules, notamment dans les transports publics.
« Aujourd'hui nous sommes arrivés à un nouveau consensus : il existe une transmission réelle par les gouttelettes fines, qui explique un certain nombre de choses, à condition de partager un environnement confiné avec un malade pendant une durée longue », a pour sa part commenté le Pr Bruno Lina (Hospices civils de Lyon), virologue membre du Conseil scientifique, ce 8 juillet.
« Cela ne change pas nos recommandations, mais cela constitue un signal d'alerte supplémentaire, répond le Pr Jean-François Delfraissy, président du comité d'experts qui conseille le gouvernement français. Cela renforce l’importance du port du masque dans les lieux confinés. » Une consigne encore trop peu appliquée dans les commerces et lieux de travail, aux yeux du Conseil scientifique.
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