Le niveau de transmission du Covid-19 est « alarmant » en Europe, a relevé ce 17 septembre l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui s'inquiète des raccourcissements de quarantaine décidés ou envisagés dans plusieurs pays, notamment en France.
« Les chiffres de septembre devraient servir d'alarme pour nous tous » à travers l'Europe, où le nombre de nouveaux cas est désormais supérieur à ceux enregistrés en mars et avril, a déclaré depuis Copenhague le directeur de la branche Europe de l'OMS, Hans Kluge.
La zone Europe de l'OMS, qui comprend 53 pays dont la Russie, compte près de 5 millions de cas officiels et plus de 227 000 morts liées au virus, d'après le tableau de surveillance de l'organisation. Le nombre de cas quotidien avoisine les 40 000 à 50 000, avec un record atteint le 11 septembre (54 000 cas enregistrés en 24 heures). Par comparaison, le pic du printemps, atteint le 1er avril dernier, était de 43 000 cas enregistrés.
Plaidoyer pour une quarantaine de 14 jours
L'organisation onusienne a également exclu de raccourcir sa recommandation d'une quarantaine de 14 jours pour tous ceux qui ont été en contact avec le virus.
« Notre recommandation de quarantaine de 14 jours a été basée sur notre compréhension de la période d'incubation et de la transmission de la maladie, nous ne la réviserions que sur la base d'un changement de notre compréhension de la science, ce qui n'est pas le cas jusqu'à présent », a insisté Catherine Smallwood, en charge des situations d'urgence à l'OMS Europe.
Des déclarations qui prennent à rebours la stratégie de la France. Le 11 septembre, le Premier ministre Jean Castex a en effet annoncé que la durée d'isolement pour les Covid+ et les cas contacts était ramenée à 7 jours contre 14 jusqu'à alors, suivant en cela les préconisations du Conseil scientifique.
À l'étranger, l'Autriche et la Slovénie ont réduit à dix jours la durée officielle de la quarantaine, comme en Suisse, au Royaume-Uni et en Irlande. Plusieurs pays européens, comme le Portugal et la Croatie, envisagent aussi de la réduire.
« Quand on connaît l'immense impact individuel et sociétal que peut avoir une réduction, même minime, de la durée de la quarantaine (...), j'encourage les pays de la région à suivre une procédure scientifique régulière avec leurs experts et à explorer des options de réduction sûres », a insisté Hans Kluge.
Il a néanmoins dit comprendre la « fatigue » éprouvée par les Européens, qui explique le relâchement sur les mesures barrières et l'augmentation des cas. Et d'encourager les autorités nationales à y répondre. Il faut « se concentrer sur la réduction des préjudices, où et quand cela est possible, plutôt que de fermer. Engager les jeunes à trouver de nouvelles façons sûres d'être social », a-t-il insisté.
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