Donald Trump reviendra-t-il sur le retrait des États-Unis de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dont ils sont le premier bailleur de fonds ? Cette rupture peut-elle prendre effet sans autre forme de procès ? L'incertitude demeure, trois jours après la déclaration du président des États-Unis.
« Parce qu’ils ont échoué à faire les réformes nécessaires et requises, nous allons mettre fin aujourd’hui à notre relation avec l’Organisation mondiale de la santé et rediriger ces fonds vers d’autres besoins de santé publique urgents et mondiaux qui le méritent », a déclaré Donald Trump devant la presse le 29 mai.
Escalade entre États-Unis et Chine
Cette décision s'inscrit dans le cadre d'un bras de fer entre la Chine et les États-Unis. Dès mi-avril, Donald Trump annonçait la suspension de la contribution américaine au budget de l'OMS le temps d'évaluer la réponse à la pandémie de Covid-19 de l'agence onusienne, qu'il accuse d'être « une marionnette de la Chine ». Selon le locataire de la Maison Blanche, l'OMS a fait l’objet de pression de la part des autorités chinoises pour qu’elle induise en erreur le monde entier, dès la découverte du virus.
Depuis, une résolution a été votée lors de l'Assemblée mondiale de la santé en mai pour lancer une évaluation indépendante de la réponse de l'OMS et de ses États membres à la crise du Covid. Qu'importe. « La Chine a un contrôle total sur l’Organisation mondiale de la santé, même si elle ne paie que 40 millions de dollars par an par rapport à ce que les États-Unis ont payé, ce qui représente environ 450 millions de dollars par an. Nous avons détaillé les réformes qu’elle doit faire et nous sommes engagés directement avec eux, mais ils ont refusé d’agir », a exposé Donald Trump.
L'OMS et l'UE jouent l'apaisement
« L'OMS souhaite que la collaboration avec les États-Unis se poursuive », a déclaré ce 1er juin, son directeur Tedros Adhanom Ghebreyesus. « Le monde a longtemps bénéficié de ce partenariat avec le gouvernement et le peuple américains. Leur contribution et générosité à l'égard de la santé publique depuis plusieurs décennies sont immenses », a-t-il reconnu.
En parallèle, l'Union européenne a invité Washington à reconsidérer sa décision, appelant à la solidarité face au coronavirus. « La coopération et la solidarité mondiales par le biais d'efforts multilatéraux sont les seuls moyens efficaces et viables de gagner cette bataille à laquelle le monde est confronté », ont déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le chef de la diplomatie de l'Union eurpéenne (UE), Josep Borrell.
Considérant que la décision américaine était « un sérieux revers pour la santé mondiale », le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn, dont le pays prendra la présidence tournante de l'UE le 1er juillet, entend renforcer le rôle de l'Europe et son engagement financier dans l'institution.
Quelle légalité ?
Du côté des scientifiques, Richard Horton, rédacteur en chef de la revue médicale britannique « The Lancet », a dénoncé une décision « folle et terrifiante », et accusé le gouvernement américain de « joue(r) au voyou en pleine urgence humanitaire ».
Enfin, Lawrence Gostin, professeur au O'Neill Institute for National and Global Health Law à l'université de Georgetown et collaborateur de l'OMS, a mis en doute la légalité de la démarche à deux titres : les États-Unis ont signé et ratifié un traité d'adhésion à l'OMS et les crédits versés à l'OMS sont votés par le Congrès américain, susceptible d'attaquer la décision en justice.
Avec 893 millions de dollars versés sur la période 2018-2019, les États-Unis assurent quelque 15 % du budget de l'OMS (5,6 milliards de dollars sur l'exercice biennal 2018-2019), devant la fondation Bill et Melinda Gates, premier contributeur privé, l'Alliance du vaccin Gavi, le Royaume-Uni et l'Allemagne.
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