XAVIER BERTRAND aime tenir son auditoire en respect. Les députés socialistes lui reprochent d’en manquer. Mercredi, une dizaine de parlementaires socialistes de la commission des Affaires sociales ont quitté l’audition du ministre de la Santé qui était interrogé sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2012. Ils sont restés moins d’une dizaine de minutes à cette réunion.
L’altercation a eu lieu après une question du député socialiste de la Loire, Régis Juanico, sur « la décision de doubler la taxation des complémentaires santé » et de possibles conséquences sur l’accès aux soins. Le ministre de la Santé a mis les pieds dans le plat. « Je ne comprends pas pourquoi, dans l’opposition, vous vous évertuez à dire que le système de santé serait dans un état déplorable, s’est-il emporté. Vous cherchez à faire quoi ? Pourquoi avez-vous des attitudes différentes quand vous êtes élus locaux et que vous dites "j’ai des bons projets pour mon hôpital" et quand au niveau national, vous dites "ça va pas bien, l’hôpital est en train de mourir" ? Vous n’êtes pas obligés de vous livrer à une schizophrénie sans pareille parce qu’il y a des élections ».
À cran?
Le ministre de la Santé n’a pas apprécié la référence à un récent baromètre de santé selon lequel près de 30 % des Français auraient renoncé ou reporté des soins au cours de l’année 2010. Selon Xavier Bertrand, ces reports de soins concernent prioritairement l’optique et le dentaire et ils ont toujours existé. « N’allez pas faire croire qu’il faudrait réouvrir en urgence, comme le voudrait Madame Royal, des dispensaires tous les 50 mètres dans la rue au prétexte que les Français n’ont pas les moyens de se faire soigner », a ajouté le ministre. « Ne mettez pas des lunettes pour dire que tout va mal dans le système de santé. La santé est un sujet trop sérieux pour qu’on fasse de la démagogie », a-t-il dit à l’adresse des députés de l’opposition qui ont alors quitté la salle.
Marisol Touraine, député PS d’Indre-et-Loire, estime que le ministre de la Santé a « perdu le sang-froid qui sied en commission ».« On ne sait pas si c’est le succès de la primaire socialiste qui le met à cran ou si c’est parce que les Français sont très réceptifs au fait que les contrats de mutuelles soient chaque année plus taxés »,a-t-elle ajouté.
Cet épisode augure de joutes oratoires musclées à l’Assemblée nationale à partir du 25 octobre prochain pour l’examen en séance plénière du PLFSS 2012.
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