L'invasion de l'Ukraine lancée par la Russie de Vladimir Poutine ce 24 février ne fera qu'accroître les difficultés du système de santé que rencontre déjà le pays depuis le début du conflit en 2013-2014. Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a dit « s'inquiéter fortement de la santé de la population de l'Ukraine face à la crise qui s'aggrave ».
Le directeur général annonce ainsi débloquer 3,5 millions de dollars du Fonds de réserve de l'OMS pour les situations d'urgence « dans le but d'acquérir et de livrer des fournitures médicales urgentes », mais s'attend « à revoir à la hausse ce soutien humanitaire ». Cette aide vient s'ajouter au matériel de traumatologie fourni à l'avance aux établissements de santé.
« Cela fait des dizaines d'années que l'OMS travaille en étroite collaboration avec les autorités sanitaires de l'Ukraine, un pays dont nous connaissons parfaitement les capacités et les besoins du système de santé », a-t-il expliqué.
L'action des ONG fragilisée
Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, il est impératif de fournir à la population des soins essentiels pour tous les problèmes de santé, « depuis le Covid-19 jusqu'au cancer, en passant par le diabète, la tuberculose et les troubles de la santé mentale », en particulier pour les personnes âgées et les migrants.
Le directeur général assure rester attentif à ce que « les infrastructures sanitaires, les agents de santé, les transports et les fournitures ne soient pas pris pour cibles ». L'accès aux services d'aide humanitaire doit être préservé, et leur sécurité garantie, précise-t-il. Médecins sans frontières (MSF) et Médecins du monde (MDM) étaient présents avant l'escalade militaire, depuis 2015, et avec une équipe de 100 professionnels pour MDM qui comptabilise 125 000 consultations durant ces huit ans.
Près de 3 millions de personnes étaient déjà dépendantes de l'aide humanitaire pour leur survie, indique l'ONG dans un communiqué. « Nous craignons pour la vie de nos patients, dans une région où 30 % sont âgés de plus de 60 ans et ont besoin d'une surveillance constante et de médicaments pour les maladies chroniques dont ils sont atteints », s'inquiète MDM, alors que ses unités mobiles ne peuvent plus intervenir. L'ONG redoute qu'il y ait encore davantage de migrations de population dans le pays, où 850 000 personnes ont déjà été déplacées. « La protection des vies humaines doit être la priorité absolue de toutes les décisions politiques et militaires », exhorte l'ONG.
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