Afin d’identifier et lever les freins à la vaccination, la branche européenne de l’Organisation mondiale de la santé (OMS/Europe) a élaboré, dès 2013, une méthodologie baptisée par l’acronyme TIP pour « tailoring immunization programmes » (programmes adaptés de vaccination). Une nouvelle version de l’approche est aujourd’hui proposée par une équipe d’experts mondiaux.
La méthode TIP consiste à recenser les obstacles locaux à la vaccination et à adapter les interventions pour garantir un accès à tous à la vaccination. L'OMS prend l'exemple du Kirghizistan, en Asie centrale. Une flambée de rougeole a touché le pays depuis le début de l’année. Alors que ce territoire se caractérise pourtant par une couverture vaccinale élevée, plus de 2000 cas y ont été enregistrés.
La méthodologie TIP a permis d’identifier une problématique locale : les personnes qui émigrent des zones rurales vers les zones urbaines à la recherche d’un emploi et d’un revenu peinent à obtenir auprès des autorités locales le permis de séjour nécessaire pour s’inscrire dans un établissement de santé. De fait, ces populations n’accèdent pas aux programmes de vaccination.
Des programmes adaptés aux problématiques locales
« La situation observée au Kirghizistan confirme qu’avoir des taux de vaccination élevés au niveau national ne suffit simplement pas, explique Katrine Bach Habersaat de l’OMS/Europe. Il faut tenir compte des groupes de population faiblement vaccinés, et il faut comprendre et surmonter les obstacles spécifiques qui les empêchent de se faire vacciner ».
Ce nouveau document d’orientation insiste sur un ensemble d’éléments nécessaires à la réussite de la démarche. La méthode doit ainsi s’assurer de la participation des acteurs concernés et d’une réflexion centrée sur la personne. Un modèle théorique doit aussi être élaboré à partir de l’analyse des comportements. Enfin, le processus doit être progressif et assorti de « recommandations claires à l’intention des responsables de la mise en œuvre dans les pays », indiquent les experts.
L’application de cette méthode « peut avoir d’innombrables avantages pour la santé, notamment chez les groupes marginalisés ou chez ceux qui, pour quelque raison que ce soit, n’ont pas confiance dans les autorités sanitaires », observe Katrine Bach Habersaat. Afin de diffuser cette pratique, notamment au sein des États membres, l’OMS/Europe organise annuellement une Université d’été pour l’analyse comportementale axée sur la vaccination.
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