Si l’impact écologique des ordonnances de médicaments délivrées en médecine générale est non négligeable, les prescriptions d’examens d’imagerie ont aussi une incidence environnementale.
Car, comme l’explique le Pr Douraïed Ben Salem, radiologue au CHU de Brest, le fonctionnement des machines utilisées en radiologie est coûteux en énergie. « D’autant qu’elles produisent de plus en plus d’images, ensuite stockées sur des serveurs ». S’ajoute à l’impact environnemental de l’IRM la nécessité – pour refroidir les machines – d’utiliser de l’hélium, gaz importé des États-Unis dont les réserves sont limitées.
De plus, les produits de contraste utilisés pour certains examens sont responsables d’une pollution des réseaux d’eau. « Les produits de contraste iodés représentent 80 % des effluents pharmaceutiques d’un hôpital et ne sont pas retenus par les stations d’épuration, indique le Pr Ben Salem. Or quand on souhaite traiter avec du chlore de l’eau contaminée par de l’iode pour faire de l’eau du robinet, le risque est qu’une réaction à l’origine d’un dérivé cancérigène se produise entre les deux halogènes. » De même, le gadolinium utilisé en IRM serait rejeté dans l’environnement. Or, si la forme chélatée (encapsulée) sous laquelle il est administré n’est pas toxique, le gadolinium a tendance à se déchélater et à persister dans les tissus organiques. Et même « si on utilise du gadolinium de deuxième génération, censé ne pas se déchélater, on ne sait pas comment ce produit se dégrade dans l’eau de mer, au soleil, etc. », déplore le Pr Ben Salem.
Dans ce contexte, des efforts sont réalisés pour diminuer l’impact environnemental des examens d’imagerie. Par exemple, selon le Pr Ben Salem, des machines d’IRM moins consommatrices en hélium émergent, et la Société française de radiologie planche sur une charte d’écoresponsabilité. Le radiologue brestois serait pour sa part à l’initiative d’une expérimentation de récupération et de recyclage du gadolinium. D’un point de vue clinique, certaines pratiques commenceraient à changer. « Notamment, dans des maladies comme la SEP ou certaines tumeurs méningées, on se dit que si on a besoin d’injecter un produit de contraste pour établir le diagnostic, ce n’est pas toujours le cas pour la surveillance », rapporte le radiologue. Cependant, pour les généralistes, la marge d’action reste limitée.
Article suivant
L’environnement, un levier motivationnel ?
L’imagerie aussi pointée du doigt
L’environnement, un levier motivationnel ?
Pause exceptionnelle de votre newsletter
En cuisine avec le Dr Dominique Dupagne
[VIDÉO] Recette d'été : la chakchouka
Florie Sullerot, présidente de l’Isnar-IMG : « Il y a encore beaucoup de zones de flou dans cette maquette de médecine générale »
Covid : un autre virus et la génétique pourraient expliquer des différences immunitaires, selon une étude publiée dans Nature