CFP 2022

Quoi de neuf dans la nouvelle version du DSM-5 ?

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Publié le 16/01/2023
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Dix ans après la parution du DSM-5, l’Association américaine de psychiatrie (APA) a mis à jour, en 2022, la dernière édition de son Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux.

Si 25 à 30 % du texte change, la version actualisée du DSM-5 (DSM-5-TR) recense peu de nouveaux diagnostics, résume le Dr Marc-Antoine Crocq (Rouffach), qui a coordonné la traduction française de l’ouvrage. Seuls deux diagnostics majeurs font leur entrée dans le corpus principal. Le premier concerne le « deuil complexe prolongé », précédemment relégué aux annexes du manuel. De même, la « suicidalité » et les « comportements auto­mutilatoires » peuvent désormais être retenus comme des diagnostics à part entière, en l’absence d’étiologie plus précise.

Au-delà de ces nouveaux diagnostics majeurs, trois ajouts de moindre impact ont été réalisés : le « trouble de l’humeur non spécifié », le « trouble de référence olfactive » (classé dans les TOC, précise le Dr Crocq) et l’« absence de diagnostic psychiatrique ».

En fait, en matière de diagnostic, les principaux changements consistent en des précisions quant à des pathologies déjà définies. Par exemple, le « handicap intellectuel » devient « trouble du développement intellectuel » et, dans les critères de l’autisme, les « troubles du comportement » deviennent « problèmes comportementaux ». Le DSM-5-TR attire aussi l’attention sur certaines comorbidités et complications, à l’instar du risque de comportements suicidaires associés à diverses pathologies.

Évolution sociétale

Au total, les changements les plus profonds apparaissent surtout formels. Comme le relève le Dr Crocq, d’un point de vue administratif, le DSM-5-TR reprend pour la première fois les codes de la classification internationale des maladies (CIM) de l’OMS – facilitant les statistiques, le remboursement des soins dans certains pays, etc.

Mais surtout, le psychiatre remarque de nombreux ajouts visant à « répondre à des demandes sociétales ». Ainsi, certains paragraphes concernant « le sexe ou le genre, la culture, ou encore le poids de préjugés raciaux sur l’évolution ou le fardeau de la maladie » ont été écrits pour chaque pathologie, rapporte le Dr Crocq. Et certaines désignations changent, comme le « sexe de naissance », qui devient « sexe assigné à la naissance ».


Source : lequotidiendumedecin.fr