En France, 2/3 des garçons et un peu plus de 3/4 des filles de 3 à 17 ans ont des apports en calcium inférieurs aux apports nutritionnels conseillés (ANC) (ENNS 2006, réf 1). Seuls 43 % des enfants de cette tranche d'âge consomment des produits laitiers en quantité adéquate par rapport au repère du Programme national nutrition santé (PNNS), qui recommande la consommation de 3 à 4 produits laitiers par jour, aussi bien chez l'enfant que chez l'adolescent (2). Ce pourcentage diminue avec l'âge, les filles étant particulièrement concernées à partir de l'âge de 11 ans (1).
CROISSANCE : CALCIUM ET VITAMINE D
-› Le calcium est le cation majoritaire de l'organisme. Outre la minéralisation squelettique, il participe à de nombreuses fonctions de conduction nerveuse, contraction musculaire, coagulation sanguine, sécrétions hormonales, différenciation et prolifération cellulaire. Jusqu'à l'âge de 9-10 ans, la croissance staturale s'accompagne d'une accrétion calcique d'environ 450 g. À l'adolescence, les besoins en calcium augmentent, en lien avec le pic de croissance pubertaire (augmentation de la vélocité de croissance) et le doublement de la masse minérale osseuse. L'accrétion calcique atteint alors 600-700 g entre 10 et 18-20 ans (4). On estime que 40 % de la masse osseuse adulte est acquise durant l'enfance, et 60 % à l'adolescence (5). S'ajoute à cela le fait que seulement 30 à 50 % du calcium alimentaire est absorbé au niveau intestinal durant l'adolescence.
-› La vitamine D, et notamment sa forme active, le 1-25 dihydroxycholécalciférol ou 1-25 (OH)2D3, intervient dans l'absorption intestinale du calcium et la minéralisation osseuse. Les ANC en vitamine D sont de 10 µg/j entre 1 et 3 ans, de 5 µg/j chez les enfants à partir de 4 ans, les adolescents et les adultes, pour revenir à 10 µg/j chez les sujets âgés (7).
CONSÉQUENCES DU DÉFAUT D'APPORT CALCIQUE
-› Les effets du déficit d'apport calcique varient selon l'âge de l'enfant, et selon l'importance de la carence. Une carence profonde en calcium (150 à 250 mg/j) induit un rachitisme carentiel comparable à celui observé en cas de carence en vitamine D (4). Dans une population d'enfants de 3 à 10 ans ayant un comportement d'évitement du lait (rejet du goût du lait, crainte de grossir) et consommant en moyenne 443 mg de calcium par jour, la taille était plus petite, la masse minérale osseuse plus faible, et la densité minérale osseuse (DMO) plus faible que celles des enfants du groupe contrôle. Un quart avait présenté des fractures précoces (8). Par ailleurs, la non-consommation de lait ou des apports calciques inférieurs à 500-600 mg/j induisent un défaut de minéralisation au niveau de la diaphyse des os longs chez les enfants et les adolescents en début de puberté, alors qu'en fin de puberté, on observe plutôt un défaut de minéralisation de l'os trabéculaire (métaphyse des os longs, vertèbres lombaires, extrémité supérieure du fémur) (5). L'anorexie mentale quant à elle peut induire une ostéopénie touchant aussi bien l'os cortical que l'os trabéculaire.
À long terme, la densité minérale osseuse de l'adulte peut être affectée par un déficit d'apport calcique durant la croissance (risque d'ostéoporose).
-› L'impact négatif de la carence calcique est majoré par un statut vitaminique D déficient, tant en terme de DMO (9) qu'en ce qui concerne la survenue de déformations telles que genu varum ou valgum (10).
ASSURER DES APPORTS SUFFISANTS
-› Les produits laitiers viennent au premier rang des sources alimentaires de calcium, avec des variations importantes selon le type de produit, les fromages à pâte pressée cuite pouvant contenir 1000 à 1250 mg de Ca /100 g (6). Dans une moindre mesure, certains fruits secs, légumes secs, légumes verts et certaines eaux minérales contiennent également du calcium, en quantités moindres par rapport aux produits lactés.
-› On admet qu'une alimentation équilibrée (légumes verts, eaux,…) hors produits laitiers apporte environ 400 mg de calcium par jour. Il est donc nécessaire de compléter avec des produits laitiers : 3 à 4 par jour selon la recommandation du PNNS.
-› La supplémentation en calcium et produits laitiers a un effet bénéfique sur la minéralisation osseuse (chez l'enfant et l'adolescent) et sur la croissance staturale (chez l'enfant), surtout lorsque l'apport calcique est faible (4). Il semble que l'effet du calcium est plus net lorsqu'il provient de produits laitiers que lorsqu'il est administré sous une autre forme (eau, calcium médicamenteux), probablement en raison du rôle joué par les autres composants du lait (notamment les protéines) sur l’absorption intestinale du calcium, la formation osseuse et la résorption osseuse. En cause également, la compliance très faible au calcium sous forme médicamenteuse, notamment en raison du goût et de la texture.
Mise au point
Palpitations : orientation diagnostique
En 5 points
Obésité : suivi d’un patient sous aGLP-1
Cas clinique
La fasciite nécrosante
Mise au point
La périménopause