RESTRICTIONS budgétaires dans les hôpitaux, menaces sur la médecine du travail, lois psychiatriques sécuritaires, fermeture de centres IVG, déremboursements et privatisation… Le mouvement national « Notre santé en danger », lancé en novembre 2010, dénonce en bloc une « destruction du service public de santé ». Les 80 signataires organisent une grande mobilisation nationale le 2 avril.
« Nous avons face à nous un rouleau compresseur qui écrase tout mais on peut mettre des grains de sable ». Dans la bouche de Michel Antony, président de la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, à l’origine du Collectif, le grain de sable qui doit enrayer la politique gouvernementale est la journée de mobilisation du 2 avril. Quatre vingts syndicats, organisations et associations ont déjà adhéré au mouvement, également soutenu par la Confédération des praticiens des hôpitaux (CPH). Parmi les signataires, on compte notamment l’AMUF, l’ANCIC, le Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire, Act-up ainsi que les principaux partis politiques de gauche et les syndicats de salariés (CGT, SUD, CFTC, FSU). Dans les régions, ce sont 102 sections qui ont répondu présentes et qui coordonneront des manifestations, en écho au rassemblement prévu à Paris, place de la Bastille, à14 h 30.
Sus aux ARS !
Les agences régionales de santé (ARS) représentent, par excellence, l’ennemi à abattre. « Ce sont les épées du ministère dans les régions, symbole de la centralisation autocratique et de la chute de la démocratie sanitaire », dénonce Michel Antony. Il les accuse notamment d’avoir fait diminuer de 30 à 40 % le nombre de territoires de santé et d’accélérer la privatisation du système de santé. À travers les ARS, c’est toute la loi HPST que le Collectif souhaite voir supprimer… en commençant par demander un moratoire. « Cette loi aggrave un mouvement de concentration commencé il y a 15 ans. La dégradation de notre système de santé est palpable partout avec des inégalités dues à la suppression de lits et de services entiers ». Françoise Ney, vice-présidente du Collectif, détaille : « Des urgences sont supprimées ou regroupées la nuit et les jours fériés, la moitié des maternités ont fermé depuis 1980, la psychiatrie fait face à des lois sécuritaires, la gériatrie reste le parent pauvre, malgré le scandale de la canicule de 2003, la chirurgie cardiaque d’Henri Mondor est sur la sellette, comme les services de radiothérapie ou de cardiologie des hôpitaux du sud de Paris, les établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes sont soumis au principe de convergence tarifaire, les dépassements d’honoraires, les franchises, les déremboursements limitent l’accès aux soins… »
Un premier bilan des actions menées par le Collectif devrait être tiré le 19 avril. La tenue d’« états généraux de la politique de santé » pourrait être décidée.
Santé des soignants : deux prix pour valoriser l’engagement des blouses blanches pour leurs pairs
Accès aux soins psy : l’alerte de la FHF
Directeur d’hôpital, un « métier exigeant et d’engagement » dont il faut « prendre soin », plaide l’ADH
Padhue : Yannick Neuder promet de transformer les EVC en deux temps