La PDS libérale menacée par les urgences ?

Les médecins de ville restent sur leurs gardes face à l’hôpital

Publié le 29/09/2014
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Crédit photo : SEBASTIEN TOUBON

Et si la prise en charge des urgences permettait de rebattre les cartes d’une cohabitation toujours tendue entre l’hôpital et la médecine de ville, inquiets pour l’avenir de la permanence des soins (PDS) ?

Le directeur général de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch, a essayé d’apaiser les nombreux généralistes et spécialistes réunis à la Baule au colloque de l’union régionale des professionnels de santé (URPS) médecins des Pays de la Loire. « Si le monde hospitalier pense qu’il est l’alpha et l’oméga des urgences, on est sûrs de ne pas y arriver, a affirmé le patron du plus grand CHU de France. Tous les acteurs doivent trouver leur place. Des frontières doivent s’estomper. Cela signifie que si une maison médicale de garde ou un centre de santé a besoin de s’installer à proximité d’un établissement public, voire dans ses locaux, cela doit pouvoir se faire. L’hôpital, seul, ne peut pas trouver les réponses. »

La stratégie mise en œuvre depuis ces derniers mois à l’AP-HP pour réorganiser ses urgences et diviser le temps d’attente par deux dans les quatre années à venir, passe ainsi par la poursuite d’une régulation associant tous les acteurs, hôpital, SAMU et libéraux. « C’est un élément clé » de l’amélioration des urgences, affirme Martin Hirsch.

Érosion du volontariat

Pas d’absorption donc, ni de suppression de la permanence des soins libérale, poursuit Martin Hirsch.

Le Dr Patrick Guérin, vice-président de SOS Médecins ne partage pas cet avis. Beaucoup plus alarmiste, ce responsable a même exhorté les médecins libéraux à se mobiliser pour défendre les gardes. L’appel sera-t-il entendu ? Le Dr Guérin rappelle les récentes statistiques de l’Ordre des médecins faisant état d’une érosion du taux de médecins libéraux volontaires à la permanence des soins. Dans les deux tiers des départements, celui-ci est en effet passé de 75 % fin 2012 à un peu plus de 60 % un an plus tard. Sur un tiers des territoires, il y a moins de 10 médecins volontaires pour assurer la PDS.

« Le code de la santé publique précise bien que la mission de permanence des soins peut aussi être assurée par les établissements de santé, souligne Patrick Guérin. Ce sont les ARS qui évaluent une situation locale au regard de la demande de soins et du niveau de l’offre médicale. Le problème est qu’elles ne sont pas homogènes dans leurs critères. Résultat : nous assistons parfois à une sous-évaluation de la demande et de l’offre. »

Pour SOS Médecins, le risque est bien réel de voir les établissements se substituer à la médecine libérale. Le Dr Jean-Louis Bensoussan, président de l’URPS Midi-Pyrénées, considère que la question d’une suppression ou d’une absorption de la PDS est d’ores et déjà dépassée : « Dans notre région, la moitié des entrées aux urgences a lieu pendant les heures d’ouverture de nos cabinets… N’est-on pas dans l’absorption de la continuité des soins ? »

De notre correspondant Olivier Quarante

Source : Le Quotidien du Médecin: 9352