« François Fillon, Ministre des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité, 7 mai 2002 - 30 mars 2004.
François F. grogne : Grumph.
Le Procureur : Pardon, Monsieur Fillon ?
François F. : Je ne vois vraiment pas ce que je fais là.
Le Procureur : Monsieur Fillon, soyez honnête avec vous-même. Enfin, plutôt avec nous. Pour une fois… Vous n'êtes pas étranger à la mise en place de la T2A, réforme que vous avez continué de défendre ardemment par la suite, d'ailleurs.
François F. : Êtes-vous certain de ce que vous avancez ?
Le Procureur : Alors que vous étiez premier ministre, en 2011, vous avez déclaré ceci : « À ceux qui critiquent peut-être un peu facilement la tarification à l’activité, je veux dire que ce système de financement des établissements hospitaliers est incomparablement meilleur que celui qu’il a remplacé ».
François F. ne dit rien mais acquiesce en silence, la mine maussade.
Le Procureur : Les recettes des différentes caisses maladie ne comblent alors pas l’ensemble des dépenses, malgré la Dotation Globale de Fonctionnement (DGF), la CSG, la CRDS et la CADES. Lorsque les hôpitaux publics sont déficitaires, l’État, par le biais des collectivités territoriales ou de la caisse des dépôts, doit alors intervenir pour combler leur déficit. Une époque qui paraît tellement lointaine aujourd’hui et où l'appareil d'État semblait davantage au service de l’intérêt général plutôt que de l’économie… Et c’était il y a moins de 20 ans. Les trois ministres à la barre ne pipent pas mot.
Le Procureur : Bref. Ainsi, Monsieur Fillon sous prétexte d'uniformiser le système, vous proposez dans votre loi Hôpital 2007 un mode unique de financement pour les activités de médecine, chirurgie, obstétrique, valable pour les deux secteurs public et privé : la tarification à l’acte. Il s’agit bien de la plus importante réforme de financement de l’hôpital réalisée à ce jour.
Jean-François M. : Ah bon ? C’est nous qui avons fait ça ?
Philippe D-B. : En effet.
François F. chuchote à l’adresse de Jean-François Mattei : Tais-toi, ne dis pas un mot, ne lui réponds pas, ce procureur m’a tout l’air d’un gauchiste aigri.
« Le procès de l’Hôpital public » : extrait du chapitre 4 :
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