« Aujourd’hui, l’imagerie a un rôle prépondérant dans le diagnostic dans les services d’accueil des urgences. On estime en effet que près des deux tiers des patients qui entrent aux urgences vont avoir un examen d’imagerie », indique la Dr Ingrid Millet, référente pour l’imagerie aux urgences au CHU de Montpellier.
« Depuis quelques années, on a vu se multiplier en France les unités neurovasculaires, que l’on désigne volontiers, sous le terme américanisé de stroke centers. Le plus souvent attenantes aux services de neurologie, elles jouent un rôle crucial dans le diagnostic et la prise en charge thérapeutique des AVC. La société française de radiologie recommande que l’IRM encéphalique soit réalisée en urgence, au mieux dans les quatre heures et demie qui suivent les premiers symptômes. C’est le délai imparti à la fois pour confirmer le diagnostic, apprécier son étendue et mettre en place un éventuel traitement par thrombolyse, permettant d’éviter un déficit ou un décès pour 10 patients traités », explique la Dr Millet (lire aussi page 9). Les unités neurovasculaires nécessitent donc la présence de neurologues et de radiologues interventionnels.
Polytraumatismes
Les scanners multibarrettes, bien plus rapides et performants, permettant désormais d’imager en un temps très court (‹10 secondes), un grand volume (de la tête aux pieds), très utiles notamment pour le bilan lésionnel des patients polytraumatisés. « Un peu sur le modèle des unités neurovasculaires, on voit aujourd’hui se développer des trauma centers, qui permettent de traiter le patient polytraumatisé de manière optimale grâce à ce bilan lésionnel précis. Cela a révolutionné leur prise en charge, en reléguant au second plan le bilan radiographique réalisé auparavant en salle de déchocage. Désormais, dans la grande majorité des cas, tout patient admis en réanimation à la suite d’un traumatisme va bénéficier d’un bilan scanographique exhaustif », souligne la Dr Millet.
« Le scanner prend également une place de plus en plus importante dans le bilan étiologique des douleurs abdominales aiguës. Depuis 2009, la HAS a émis des recommandations selon lesquelles les Abdomen sans préparation (ASP) ne doivent plus être réalisés dans le cadre de douleurs abdominales aiguës. Il s’agit en effet d’un examen très peu sensible et peu spécifique qui doit désormais être supplanté par le scanner », indique la Dr Millet, tout en reconnaissant que ces recommandations ne sont pas encore appliquées dans tous les services d’urgence. « Il faudrait que le message passe plus largement. Dans le cadre de douleurs abdominales aiguës, l’ASP ne reste indiqué que dans trois situations principales : la recherche de corps étrangers ingérés, une symptomatologie de colique néphrétique récidivante (avec un premier épisode déjà connu et bilanté par imagerie) et la constipation du sujet âgé, pour la localisation des fécalomes ».
D’après un entretien avec la Dr Ingrid Millet, référente pour l’imagerie aux urgences du CHU de Montpellier
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