UNE PAGE semble bel et bien tournée depuis la grève de l’an dernier. Marisol Touraine a été chaleureusement accueillie à la 1re université de rentrée de l’Intersyndicat national des internes (ISNI) organisée à la faculté Paris-Diderot. La ministre de la Santé a rappelé le chemin parcouru pour améliorer les conditions de travail des jeunes médecins en formation, leur rémunération et leur statut. Marisol Touraine a surtout dit combien elle comptait sur la jeune génération pour mettre en place la nouvelle stratégie de santé, construire les nouveaux parcours de soins, engager la révolution de premier recours, développer le travail en équipes, inventer de nouveaux modes de financement ou développer la prévention et l’éducation à la santé. « Il faut travailler dès maintenant pour que dans dix ans, nos concitoyens puissent accéder à des soins de qualité sur l’ensemble du territoire », a poursuivi la ministre, répétant une nouvelle fois qu’en matière d’installation, elle ne croyait pas à la coercition. Pour mieux répondre aux désirs de la jeune génération, les pouvoirs publics misent plutôt sur les contrats d’engagement de service public (bourses), devenus « plus souples et mieux adaptés aux préoccupations des jeunes internes » – l’objectif est que 1 500 d’entre eux soient signés d’ici à 2017. Le gouvernement a par ailleurs ouvert 200 postes de praticiens territoriaux de médecine générale cette année. Ce statut garantit pendant deux ans un revenu minimum aux jeunes médecins (3 640 euros nets mensuels) contre une installation dans une zone sous dense.
Emanuel Loeb, président de l’ISNI, a salué l’écoute des pouvoirs publics, les revalorisations et l’amélioration de la protection sociale des internes.
L’incitation avant tout.
L’université de rentrée de l’ISNI, placée sous le signe de l’engagement de la jeune génération, a permis de mettre en avant les initiatives réussies. Le ventre arrondi dans l’attente d’un heureux événement, Nicole Dardel, 30 ans a ainsi témoigné de la création de sa maison de santé dans le 19e arrondissement de Paris. La jeune femme a rappelé que les projets des jeunes médecins ne tournent pas uniquement autour de leur installation. De meilleures conditions de protection sociale facilitent aussi leurs choix de vie. « Le revenu d’un médecin n’est pas toujours suffisant pour faire vivre une famille avec des enfants », affirme la nouvelle praticienne territoriale de médecine générale, satisfaite du soutien obtenu « facilitant son installation, son financement, sans stress ni conséquences financières trop importantes. » Dans la salle, Justine interne en pneumologie à Paris, ne veut plus entendre que la féminisation du corps médical explique à elle seule ces changements d’exercice et les problèmes de démographie. « Désormais, les conjoints de médecins travaillent eux aussi, ce qui les fait hésiter pour s’éloigner des grandes villes », lance-t-elle.
Des parlementaires peu pressants.
À la tribune, deux députés médecins n’ont pas boudé pas leur plaisir de débattre avec de jeunes confrères. « Nous n’avons aucune raison de céder à la panique trop souvent relayée par les médias, sur les déserts médicaux, a déclaré Jean-Louis Touraine député PS du Rhône et vice-président de la FHF. La pénurie de médecins n’est pas pour demain, et le perfectionnement d’un système d’information avec le développement de la télémédecine peut résoudre ce problème ». À ses côtés, Jean-Pierre Door, député UMP du Loiret et vice-président de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, s’est lui aussi montré conciliant avec les internes. « Les gens sont inquiets de ne pas voir arriver le successeur de leur médecin dans un village, mais ils doivent comprendre que nous ne sommes plus à l’époque de Bovary avec un praticien à la porte de chaque maison », s’est-il exclamé.
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