À la veille du Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas, vitrine mondiale de l'innovation technologique et de l'électronique (jusqu'au 12 janvier), David de Amorim, directeur de l'innovation de Docapost (filiale santé du groupe La Poste) affiche ses ambitions et dévoile ses projets. Au menu notamment : un assistant digital au service du patient développé avec le groupe de cliniques ELSAN.
LE QUOTIDIEN : Le groupe La Poste investit depuis plusieurs années dans le champ de la e-santé. Pourquoi cet engouement ?
DAVID DE AMORIM : On veut simplifier la vie des gens ! Nous sommes déjà le premier hébergeur de données de santé en France avec 45 millions de dossiers pharmaceutiques et d'assurés. Les professionnels de santé avaient besoin d'un tiers de confiance. Nous développons des services innovants en santé en y intégrant de la sécurité, de l'éthique et de la confiance. Nous avons élaboré à cet effet plusieurs partenariats pour déployer des solutions tournées sur le parcours santé. Nous travaillons particulièrement sur le lien entre le professionnel de santé et le patient.
Quels outils présentez-vous au CES de Las Vegas cette année ?
Nous présentons ADEL, l'assistant digital d'Elsan [deuxième groupe de cliniques en France, NDLR], sous forme d'application, qui vise à simplifier l'hospitalisation du patient et le lien avec l'équipe médicale, grâce un accompagnement personnalisé. Cet assistant propose trois services : la pré-admission, la préparation de l'intervention avec des informations sur le déroulé de l'opération et le suivi postopératoire via un système de questionnaires sur plusieurs indicateurs – douleur, température, etc.– à destination des professionnels de santé. En cas de questions ou de problème particulier, l'infirmière ambulatoire contacte le patient. Trois cliniques situées à Bordeaux, Nantes et Vannes lancent ce mois-ci cet assistant. Nous ciblons un million de personnes d'ici à 2020.
La deuxième solution présentée au CES est en partenariat avec Cerba Healthcare, un réseau de laboratoires de biologie médicale. Elle vise à rendre accessible les résultats biologiques d'un patient au sein de l'application La Poste eSanté. Le patient reçoit, stocke et partage ces résultats d'analyses avec son professionnel de santé, lui-même connecté à l'application La Poste, avant un rendez-vous médical.
Avec ces deux outils, l'idée est d'avoir la santé dans la poche !
Y a-t-il d'autres projets ?
Nous annoncerons aussi la création d'une application en collaboration avec l'IHU [Institut hospitalo-universitaire, NDLR] de Strasbourg pour améliorer l'accompagnement des patients en chirurgie bariatrique. Ce programme consiste à étudier l'apport du numérique et des objets connectés de santé dans le suivi médical.
L'application est conçue pour accompagner le patient avant, pendant et après l'opération. Une valise d'objets connectés – oxymètre, bracelet d'activité, tensiomètre, thermomètre et balance – lui sera remise. Le suivi postopératoire est réalisé à distance par le professionnel de santé qui dispose de son côté d'un logiciel spécifique. Par exemple, le praticien fixe lui-même ses seuils d'alerte. 30 patients s'apprêtent à l'expérimenter pendant plusieurs mois. À terme, d'autres pathologies seront concernées, notamment en diabétologie et de nouveaux services s'agrégeront comme l'intelligence artificielle.
Quels sont vos objectifs pour 2019 ?
Nous voulons concrétiser des partenariats stratégiques de grande ampleur et accélérer le développement de tous nos projets. Notre objectif est de devenir leader en e-santé en France. Nous avons des innovations en incubation comme « Mes médicaments chez moi » qui permet à un livreur d'apporter des médicaments directement à un patient une fois qu'il a photographié l'ordonnance avec son portable.
Enfin, YogEye, une solution de yoga pour décontracter les muscles oculaires, est en cours d'élaboration.
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