Dès aujourd'hui, les tests PCR et les tests antigéniques ne seront plus systématiquement pris en charge par l’Assurance maladie, comme c’était le cas depuis le début de la crise sanitaire. Selon les chiffres du ministère de la Santé, plus de 150 millions de tests ont été réalisés depuis mars 2020 dont 6 millions par semaine au mois d’août.
Au total, selon les chiffres présentés dans le PLFSS 2022, les tests antigéniques et PCR ont coûté 2,2 milliards d’euros en 2020 et le gouvernement prévoit un montant de 5,5 milliards en 2021 ; soit une projection de 7,7 milliards euros de tests diagnostiques en deux ans.
Alors que quelque 7,4 millions de Français ne sont pas vaccinés contre le Covid-19, seuls les tests réalisés dans un but de dépistage seront pris en charge par l’Assurance maladie. Ceux réalisés en vue d’obtenir un passe sanitaire deviendront payants.
Les autotests ne seront plus reconnus
Les tests PCR et les tests antigéniques continueront à être reconnus pour une durée de validité de 72 heures. Un résultat de test négatif sera toujours un justificatif de passe sanitaire. En revanche, à compter du 15 octobre, les autotests réalisés sous la supervision d’un professionnel de santé ne seront plus reconnus comme preuve de passe sanitaire.
Les tests pris en charge par l’Assurance maladie seront ceux des personnes : ayant un schéma vaccinal complet ou une contre-indication à la vaccination ; mineures ; identifiées dans le cadre du contact-tracing fait par la Cnam ; concernées par des campagnes de dépistage collectif ; présentant une prescription médicale ; ayant un certificat de rétablissement de moins de six mois.
Une spécificité d'Outre-mer
Le ministère précise toutefois que pour l’Outre-mer, la fin de la gratuité des tests sera adaptée à la spécificité des territoires. En Guyane, Martinique et Guadeloupe, elle interviendra à la date de la fin de l’État d’urgence sanitaire. À Mayotte, les tests demeureront gratuits « du fait de la fragilité du système de dépistage local ».
En métropole, les prix à régler à la charge de la personne seront identiques à ceux pris en charge par l’Assurance maladie. Les tests RT-PCR réalisés par les laboratoires coûteront 43,89 euros. La grille ci-dessous montre la tarification des tests antigéniques, allant de 45,11 euros pour un test réalisé chez un médecin à 22,02 euros pour un test réalisé dans un laboratoire de Biologie médicale.
(Source : DGS)
Pour bénéficier d’une prise en charge de l’Assurance maladie, les personnes devront présenter un certificat de vaccination, de contre-indication vaccinale ou de rétablissement sous forme de QR-Code ; une pièce d’identité pour les mineurs ; un justificatif de contact à risque (mail ou SMS) envoyé par la Cnam pour une prise en charge au 1e et au 7e jour ; une prescription médicale délivrée par un médecin ou une sage-femme, valable 48 heures et non-renouvelable.
(Source : DGS)
Principaux prescripteurs, avec les sages-femmes, les médecins craignent-ils d’être sursollicités pour des prescriptions de test Covid ?
Le Dr Élise Fraih, généraliste à Dachstein (Bas-Rhin) et vice-présidente du syndicat ReAGJIR, explique : « je ne crains pas d’être sursollicitée par ma patientèle car elle est âgée – je suis d’ailleurs actuellement en train d’injecter les troisièmes doses ! Ceux opposés à la vaccination vont renoncer au passe sanitaire et s’ils nous appellent pour se faire prescrire un test PCR, nous jugerons nous-même le bien-fondé de la demande. »
Quels seraient donc les critères pour la praticienne ? « Si la personne est symptomatique, je ferai le test. En revanche, si elle n’a aucun symptôme et souhaite quand même en faire un, elle le peut : il lui faudra juste payer le test. »
Des patients inquiets
Le Dr Matthieu Calafiore, généraliste et maître de conférences et directeur du DMG de Lille, lui, s’attend à « être beaucoup sollicité » car « les patients sont inquiets avec le début de cette période automnale et les symptômes d’infections virales qui laissent planer le doute ». Le médecin explique que « s’il n’y a pas de raison médicale de le faire, je ne prescrirai pas de test PCR pour l’obtention d’un passe sanitaire ». En revanche, précise-t-il, « il faut tester ceux qui ont des symptômes ».
Le Dr Calafiore appelle à « des consignes claires » de manière à « isoler les patients atteints du Covid-19 le plus possible et faire attention car les gestes barrières sont de moins en moins respectées ».
Les prescriptions en téléconsultation seront également acceptées, comme l'a rapporté au Généraliste une source syndicale ayant participé à une réunion avec la DGOS, posant ainsi la question des abus et des prescriptions de complaisance.
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