Le rôle de l’hygiénodiététique dans les maladies hématologiques

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Publié le 06/02/2025
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Plusieurs études ont mis l’accent sur les liens entre la survenue et/ou l’évolution de différentes pathologies hématologiques, l’alimentation et les produits auxquels nous sommes exposés. Des données qui ouvrent la voie à des mesures préventives ou d’accompagnement.

Préserver la diversité du microbiote intestinal

Préserver la diversité du microbiote intestinal
Crédit photo : DR

Lors d’une greffe de moelle, les patients se voient généralement proscrire la consommation de légumes et de fruits crus, pour limiter le risque de contamination bactérienne. « Mais cette recommandation, qui induit une réduction de l’apport en fibres, pourrait, du fait de son impact délétère sur le microbiote intestinal, être contre-productive chez certains patients », rapporte la Dr Jenny Paredes (Duarte, Californie). Dans une cohorte de 173 patients, une diète pauvre en fibres a été associée à une perte de diversité du microbiote intestinal, exposant à une susceptibilité accrue aux infections intestinales (Abs. 259). À l’inverse, l’adoption d’un régime riche en fibres a été associée à une plus grande diversité du microbiote, un risque moindre de réaction du greffon contre l’hôte et une meilleure survie (Abs 671).

Autre intervention diététique en vogue, le régime cétogène pourrait augmenter la fonction des cellules CAR-T, et donc l’efficacité de ce traitement, dans un modèle murin (Abs 4). Des essais cliniques de supplémentation avec le métabolite en cause, le β-hydroxybutyrate, sont prévus chez l’humain dans le lymphome à cellule B en rechute ou réfractaire.

arGLP1 et MTEV

De son côté, l’équipe de la Harvard Medical School à Boston a mis en exergue les bénéfices potentiels des agonistes du GLP1 sur le risque d’événements thromboemboliques veineux (TEV), à partir de scores de propension sur une cohorte rétrospective de plus de 550 000 patients (Abs. 701). Comparativement aux sujets traités par un inhibiteur de DPP-4, ceux ayant reçu un agoniste du GLP1 avaient un risque d’événement TEV réduit de 20 % au cours de la première année de traitement (taux de 6,5 versus 7,9/1 000). Cette diminution des événements concernait les thromboses veineuses profondes comme les embolies pulmonaires et était comparable, que les patients aient été ou non obèses dans l’année précédant l’initiation du traitement. « L’obésité est un facteur de risque connu de MTE, mais, dans cette étude, le bénéfice du traitement ne semble pas découler de la seule perte de poids, notamment parce qu’il est apparu précocement, aussitôt après quelques semaines de traitement, ce qui suggère l’implication d’autres mécanismes », indique le Dr Rushad Patell (Boston, Massachussetts), l’un des auteurs de ce travail.

Des études sont nécessaires chez les patients à risque thrombotique élevé

D’autres études sont nécessaires pour mieux cerner les mécanismes sous-jacents et pour mieux évaluer l’effet potentiel des agonistes du GLP1 chez des sujets non diabétiques, chez des patients prenant ce traitement dans un objectif de perte de poids et aussi chez ceux à risque élevé d’événement TEV, en particulier en raison d’un cancer ou d’une pathologie cardiovasculaire.

Mutations du tabac

Enfin, une équipe de Miami en Floride a montré, à partir des données de la cohorte des syndromes myélodysplasiques (SMD), comprenant 1 900 patients, que le tabagisme est associé à des mutations génétiques spécifiques, telles que ASXL1, qui s’accumulent avec le temps et qui exposent à un risque accru de SMD, avec une relation dose-réponse (Abs 4 597).

Les auteurs ont aussi rapporté une association entre la progression de la maladie et la survie globale. Un argument de plus pour inciter les patients à arrêter de fumer.


Source : Le Quotidien du Médecin