Diabète et risque cardiovasculaire

Des recos spécifiques

Publié le 18/10/2013
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La Société Européenne de Cardiologie (ESC) et l’Association européenne pour l’étude du diabète (EASD) viennent de publier de nouvelles guidelines dédiés spécifiquement au « diabètes, pré-diabètes et maladies cardiovasculaires ».

Le texte aborde l’ensemble des facteurs conditionnant le pronostic cardiovasculaire des patients diabétiques et reprécisent les objectifs thérapeutiques chez ces patients. Parce que les trois quarts des diabétiques de type 2 sont à haut risque cardiovasculaire (CV), les experts ne transigent pas, avec un objectif en prévention secondaire d’un LDL cholestérol en deçà de 1,8 mmol/L (inférieur à 0,70 g/L), plutôt 1 g/L en prévention primaire. Ils sont, en revanche, moins stricts quant aux cibles de pression artérielle, à savoir inférieures à 140/

85 mmHg sauf en cas d’atteinte rénale, auquel cas les valeurs de 130/80 mmHg restent de mise. Enfin, l’HbA1c idéale est inférieure à 7% (inférieure à 53 mmol/mol), voire même 6,5% en prévention primaire chez des diabétiques non compliqués. Une HbA1c à 7 % reste le repère international à atteindre, à pondérer au cas par cas en fonction des comorbidités et de l’espérance de vie du patient. « L’intérêt de contrôler la glycémie est d’autant plus important que le sujet débute dans la maladie diabétique car c’est sans doute à ce moment-là que se fixe le pronostic cardiovasculaire, souligne le Pr Michel Marre, co-auteur des recommandations ESC-EASD 2013.

Haro sur le pré-diabète

Ces nouvelles recommandations mettent aussi l’accent sur le pré-diabète. Elles « sont un encouragement à doser la glycémie dans certaines populations à risque (patients coronariens, antécédents familiaux de diabète, antécédents personnels de diabète gestationnel, hypertendus, dyslipidémiques) pour dépister plus tôt le diabète, voire le prédiabète et en éviter les conséquences, indique le Pr Valensi (chef de service diabétologie-endocrinologie, hôpital Jean-Verdier, Créteil). L’originalité du texte est d’affirmer que même au stade du pré-diabète, le risque cardiovasculaire est présent. »

Les dysglycémies s’intègrent souvent dans le cadre d’un syndrome métabolique, et sont souvent associées à d’autres facteurs de risque classiques à considérer comme la microalbuminurie.

Sur le plan pratique, les interventions sur le mode de vie réduisent de plus de 50% le passage du prédiabète au diabète avéré. Plusieurs médicaments antidiabétiques ont en outre démontré leur capacité à réduire, de 20 à 70%, le passage de l’intolérance au glucose au diabète. C’est le cas de la metformine, de l’acarbose et des glitazones (retirées du marché français). Mais aucun d’entre eux ne bénéficie de cette indication en France.


Source : lequotidiendumedecin.fr