Dispositifs de catastrophe

Les CUMP acquièrent leur permanence

Publié le 05/06/2014
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La survenue sur notre territoire national d’événements majeurs tels que les deux vagues d’attentats terroristes des années 90, a marqué, dès 1995, le début d’une réflexion forte sur la création d’un dispositif de soins psychologiques spécifique, pour aboutir, en 1997, à la création des Cellules d’urgence médico-psychologiques (CUMP), dans une légitime logique de psychiatrie de catastrophe. La survenue de catastrophes dites macrosociales – accidents collectifs, désastres naturels, terrorisme ou accidents industriels – a continué à justifier la mise en place de dispositifs de soins de grande ampleur ; mais ces véritables catastrophes partagent un potentiel traumatogène avec un large ensemble d’événements de moins grande ampleur, qui ne désorganisent que rarement le corps social, ne l’interpellent pas systématiquement, mais dont le coût pour l’individu est le même, légitimant ainsi la mobilisation des CUMP.

Après une nouvelle circulaire en 2003, et un premier bilan national en 2005, faisant état de près de 1 000 interventions préhospitalières dans l’année, et de plusieurs milliers d’interventions semi-programmées, ce dispositif a été reconduit et deux arrêtés émailleront son évolution en 2001 et 2006.

C’est à partir de 2012 que les pouvoirs publics ont décidé d’assurer la légitimité et d’ancrer encore ces CUMP dans le paysage de l’urgence médicale, en transformant arrêtés et circulaires en décret. L’année 2013 a ainsi vu apparaître de nouveaux textes administratifs les encadrant, régies dès lors par un « décret relatif à la préparation et aux réponses aux situations sanitaires exceptionnelles » et plusieurs arrêtés définissant notamment les CUMP zonales, régionales et renforcées. Le décret général relatif à la préparation et aux réponses aux situations sanitaires exceptionnelles N°2013-15 a été publié au JO du 7 janvier 2013 et les arrêtés ont été publiés le 24 février de cette année. Les textes permettent maintenant de définir précisément le fonctionnement des CUMP : leur constitution, les modalités de participation des personnels et professionnels à la CUMP, les modalités d’intervention, de valorisation de l’activité et d’indemnisation des personnels mobilisés, la formation des personnels volontaires des CUMP ainsi que l’animation et la coordination technique.

Psychiatre, pôle des urgences & clinique universitaire de psychiatrie, CHRU de Lille.

Dr François Ducrocq

Source : Le Quotidien du Médecin: 9332