Sobriété médicamenteuse

Les prescriptions courantes questionnées

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Publié le 12/12/2022
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Crédit photo : GARO/PHANIE

Pour être plus sélectif dans les prescriptions, « les études n’aident pas les docteurs ». Telle est la position de Mathilde François, généraliste à Montigny-le-Bretonneux et maître de conférences au DMG de l’Université de Versailles-Saint-Quentin. Un point de vue partagé par d’autres généralistes, qui estiment que les données disponibles sur les médicaments ne fournissent qu’un vague aperçu de leurs effets cliniques réels.

Dans ce contexte, des initiatives de réévaluation du rapport bénéfices-risques des médicaments courants voient le jour. À l’instar du programme REB (Reconstruire l’Evidence Based) – DECIDE, élaboré depuis 2015 par le Pr Rémy Boussageon et le Dr Hélène Vaillant-Roussel du CNGE. Le but : exposer de façon transparente les données – ou l’absence de données – relatives aux effets de ces médicaments afin de proposer une aide à la décision. « Le protocole de réévaluation – basé non seulement sur les méta-analyses mais aussi sur les essais cliniques – devrait être publié début 2023 », prévoit le Pr Boussageon.

Des travaux pilotes ont toutefois déjà été conduits, par exemple sur l’acétylleucine (Tanganyl) (autorisé sans essai clinique dans les vertiges) ou sur le phloroglucinol (Spasfon) (qui n’a pas fait la preuve de son efficacité, notamment dans les douleurs spasmodiques gynécologiques).

Par ailleurs, le Conseil scientifique du CNGE a déjà publié de nouvelles recommandations d’utilisation, ou plutôt de non-utilisation, de certains produits. Ainsi préconise-t-il depuis 2021 l’abandon de l’aspirine en prévention primaire des maladies cardiovasculaires et l’abandon des injections d’acide hyaluronique dans la gonarthrose.


Source : lequotidiendumedecin.fr