Les avancées de la cohorte SFDT1

Publié le 28/03/2025
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Projet ambitieux et qui ouvre des perspectives uniques, la cohorte française SFDT1 vise à mieux comprendre la maladie et ses complications.

Les données du SNDS vont être intégrées cette année

Les données du SNDS vont être intégrées cette année
Crédit photo : Mourad ALLILI/SIPA

Lancée en 2020 par la Société francophone du diabète (SFD), la cohorte SFDT1* compte aujourd’hui près de 5 000 personnes, adultes et enfants de plus de 6 ans, vivant avec un diabète de type 1 (DT1) en France métropolitaine et en Outre-mer.

L’objectif est d’atteindre 10 000 inclusions d’ici au début 2028. Les participants bénéficient, en plus de leur suivi habituel, d’une visite dédiée tous les trois ans pendant dix ans. En complément, des outils connectés — capteurs de glucose aujourd’hui, pompes à insuline et boucles fermées demain — sont intégrés aux données cliniques. Chaque mois, les patients sont également invités à répondre à un court questionnaire abordant des thématiques variées : sommeil, alimentation, sport, sexualité, bien-être, etc.

Les publications

En plus de la publication de la méthodologie (1,2), la cohorte SFDT1 a déjà produit trois publications scientifiques apportant un nouvel éclairage sur le DT1 :

— la mise en évidence de sept profils métaboliques distincts à partir des données de mesure continue du glucose (3) ;

— une comparaison entre la France et l’Allemagne (registre DPV) a montré un contrôle similaire des risques cardiovasculaires, avec un meilleur suivi chez les femmes que chez les hommes, mais une inertie thérapeutique persistante dans les deux pays (4) ;

— une étude récente a mis en évidence un niveau élevé de détresse liée au diabète, y compris chez les patients bénéficiant des traitements les plus innovants, comme l’insulinothérapie automatisée (5).

Prochaines étapes

En 2025, la cohorte franchira un cap, avec l’analyse des données issues du Système national des données de santé (SNDS). Cette étape clé permettra notamment d’identifier les événements de santé et les parcours de soins des participants et de comparer les résultats avec une population témoin appariée (âge, sexe, région).

Parallèlement, l’exploitation de la banque biologique de la cohorte — regroupant des échantillons de sang, urine, cheveux et salive — sera réalisée afin d’identifier de marqueurs circulants, ou génétiques, offrant l’opportunité de mieux dépister, prévenir et traiter les complications du diabète de type 1.

* Voir sfdt1.fr Sponsors et soutiens : Société Francophone du Diabète, Fondation Francophone pour la Recherche sur le Diabète, Aide aux Jeunes Diabétiques, Fédération Francophone des Diabétiques, Breakthrough T1D, IHI, iCare4CVD, Abbott, Lilly, Air Liquide, Sanofi, Novo Nordisk, Insulet, Dexcom, Medtronic, Ypsomed, LifeScan
(1) Riveline JP et al. Med Mal Métab 2021(15)4:380:6
(2) Riveline JP et al. Diabetes Metab. 2022;48(3):101306
(3) Fagherazzi G, et al. Diabetologia. 2024 Aug;67(8):1567-81
(4) Cosson E et al. Cardiovasc Diabetol. 2024 Sep 16;23(1):342
(5) Canha D, et al. BMJ Open Diabetes Res Care. 2025 Feb 24;13(1):e004524

Prs Jean-Pierre Riveline (Hôpital Lariboisière, Paris) et Emmanuel Cosson (CHU Avicenne, Bobigny), coordinateurs, Dr Guy Fagherazzi responsable scientifique et Laura Sablone, directrice projet

Source : Le Quotidien du Médecin