Tandis que 10 % de la population féminine est atteinte d’endométriose, 70 à 80 % des femmes concernées rapportent des symptômes douloureux dont la physiopathologie se révèle de mieux en mieux comprise. Dans ce contexte, l’arsenal thérapeutique médical se structure et se développe.
En 2025, le CNGOF et la société pluridisciplinaire Convergences PP ont publié un consensus d’experts sur les douleurs pelviennes associées à l’endométriose (1), lequel reprécise notamment la place à accorder aux antalgiques pharmacologiques traditionnels. Pour les experts, ces médicaments sont loin d’être la panacée, qui plus est au long cours. Les AINS notamment sont déconseillés en dehors des épisodes de dysménorrhée, et les opioïdes à éviter, d’autant que la classe augmente la sensibilité aux douleurs d’endométriose. À noter, par ailleurs, que les pilules indiquées en traitement de fond afin de couper les menstruations ne peuvent pas être considérées comme des antalgiques.
Les approches non médicamenteuses plébiscitées
Au contraire, le consensus fait la part belle à des approches non médicamenteuses capables de cibler certains mécanismes douloureux. Aussi, la TENS – et plus précisément la stimulation de la voie parasympathique, qui a une action anti-inflammatoire et est associée à un effet de décontraction musculaire –, est recommandée en première intention.
Citons aussi l’activité physique adaptée – efficace sur la relance de la mobilité tissulaire, la réduction des contractures douloureuses, la diminution de l’inflammation, et la réactivation du système parasympathique.
Mésothérapie, ostéopathie, voire injection de toxine botulique : d’autres approches complémentaires peuvent être conseillées dans un objectif de décontraction tissulaire. Un renforcement des tissus est aussi de mise – au moyen de rééducation pelvipérinéale, d’activités sportives de maintien (yoga, pilates, qi gong, à pratiquer de préférence plusieurs fois par semaine, par séances courtes), de techniques manuelles, etc. –, de même qu’une amélioration de la gestion de la douleur par des approches psychothérapeutiques ou sexologiques.
De nouvelles molécules à l’étude
Est-ce à dire que l’avenir, dans l’endométriose, ne sera pas aux médicaments ? Pas sûr, car de nouveaux traitements, y compris pharmacologiques, sont à l’étude. À l’instar de la kétamine – actuellement testée en France comme co-analgésique auprès de femmes âgées de 35,7 ans en moyenne et ayant depuis plus de trois mois des douleurs chroniques d’endométriose ayant résisté à au moins deux lignes de traitement. Ce travail, encore non publié, aurait retrouvé une réduction significative du score de sensibilisation pelvipérinéal après trois mois d’intervention – de même qu’une amélioration de la qualité de vie et de la récupération fonctionnelle.
(1) Fritel X et al., Douleurs pelviennes associées à l’endométriose, conseils pour la pratique clinique. Un consensus formalisé d’experts par le CNGOF & Convergences PP. Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie, 2025.
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