Les tumeurs de la vulve sont peu fréquentes : elles représentent moins de 5 % des tumeurs gynécologiques. « De ce fait, nous disposons de beaucoup moins de données que pour les cancers du col ou de l’endomètre », souligne la Dr Christine Haie-Meder (IGR, Villejuif). Ce sont des tumeurs des femmes âgées, dans un tiers des cas diagnostiquées à un stade avancé chez des patientes non suivies sur le plan gynécologique et qui négligent une lésion de la vulve ou un prurit. Leur lien avec l’infection par le papillomavirus est moins marqué que pour le cancer du col, le lichen plan faisant souvent le lit de ces tumeurs.
Le traitement de référence du cancer de la vulve est chirurgical : vulvectomie complète associée à un curage, en sachant que les premiers relais ganglionnaires sont inguinaux. L’évolution se fait toutefois depuis quelques années vers la désescalade thérapeutique afin de réduire les séquelles : vulvectomie partielle en respectant des règles en termes de marge d’exérèse. Le recours à la technique du ganglion sentinelle permet de diminuer les complications, en particulier les lymphœdèmes des jambes.
Dans les formes inopérables, la radiothérapie a beaucoup progressé, avec le développement de la modulation d’intensité, qui est plus sélective localement. Au niveau régional cependant, les complications à type de grosses jambes peuvent persister en cas de traitement des ganglions inguinaux, en particulier après un curage.
Des approches combinées sont proposées : chirurgie moins large associée éventuellement à une radiothérapie ; ou encore, en cas de forme évoluée, radiochimiothérapie concomitante pré-opératoire. Une curiethérapie, traitement plus local qui évite d’irradier les tissus sains environnants, peut être associée.
« L’objectif chez ces patientes souvent âgées est d’éviter les séquences thérapeutiques trop lourdes », indique la Dr Haie-Meder, avant d’insister sur l’importance de la prévention par un examen gynécologique avec inspection des organes génitaux externes tous les deux ans.
D’après un entretien avec le Dr Christine Haie-Meder, cheffe du service de radiothérapie, Institut Gustave-Roussy, Villejuif
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